Mais une guerre contre qui ? Et pour qui ?
Ne tombons pas dans le piège de « personnaliser » les conflits à travers la psychologie de Trump, de Poutine, de Netanyahu, de Macron ou de Zelensky, pantins de logiques impérialistes et néocoloniales qui les dépassent. Ne tombons pas non plus dans le piège des guerres « justes » ou des guerres « défensives » qui servent depuis 1914 à justifier l’adhésion au militarisme. Dans les conflits entre puissances capitalistes et impérialistes, on ne choisira pas de camp. Notre soutien se dirigera toujours vers les peuples bombardés, génocidés et massacrés en temps de guerre, exploités et réprimés en temps de paix. Pour que cesse la funeste alternative entre mourir au charbon dans une mine d'or ou de cobalt ou mourir sous des bombes made in france, la constitution d'un mouvement anti-impérialiste, anti-colonial et anti-capitaliste est plus que jamais nécessaire.
En France, la guerre est de plus en plus remise à l’ordre du jour. Macron s’y emploie avec zèle dissertant sur les réarmements, démographiques et militaires, la réintroduction du SNU, la force de dissuasion nucléaire. Un galonné rappelait que les parents devaient être prêt·es à ce que leurs enfant·es meurent pour la patrie. On nous a même proposé un « kit de résilience » pour survivre 72 heures ! Les budgets militaires sont en croissance alors que ceux de la Santé ou de l’Éducation sont en déshérence. Si les soldat·es sont encore rares sur les champs de bataille, le matériel français y est omniprésent, dans tous les camps, et les profits des fabricants d’armes en pleine croissance. Le nucléaire, qu’il soit civil ou militaire, est plus que jamais remis au premier plan. Et s’il est une guerre qui est déjà menée avec de plus en plus d’intensité, c’est la guerre sociale du capital et de son État contre tout ce qui s’oppose à sa domination : des Gilets jaunes à Sainte-Soline et aux manifs sauvages, la police et la gendarmerie se sont livrées à de véritables opérations militaires. Les restes de l’État-providence qui permettaient de maintenir la « paix » sociale et garder la population à la limite de la survie passent désormais après les dépenses militaires. L’autoritarisme va croissant et les groupes néofascistes sont de plus présents dans les médias et l’appareil d’état.
Alors oui, s’il faut nous préparer à une guerre, c’est celle contre l’État, le capital et sa soif de profit, contre sa croissance démentielle et mortifère, impérialiste et coloniale, qui conduit à la guerre et détruit la planète. Pour en finir avec la guerre de tous·tes contre tous·tes, et contre la nature. En s’opposant par tous les moyens au militarisme et à l’industrie d’armement.
Chicago, 1er mai 1886 : une grève générale éclate pour réduire la journée de travail à 8 heures. Elle se prolonge : le 3 une manifestation tourne à l’émeute et fait 3 morts, le 4 une bombe tue un policier et 7 autres meurent dans l’affrontement qui suit. 5 syndicalistes anarchistes sont condamnés à mort. Cette date devient rapidement une journée annuelle de luttes et de commémoration des massacres d’ouvriers et d’ouvrières.
Barcelone, 1890 : grève générale pour la journée de 8 heures. La même année à Vienne (Isère), suite à l’agitation de libertaires, un mouvement de grèves spontanées éclate, une usine textile est pillée, des barricades fleurissent.
Fourmies (Nord), 1891 : la police tire sur une manifestation tuant 9 personnes. Le même jour la police blesse 3 anarchistes à Clichy ; à Rome, la manifestation se solde par 1 mort et 200 arrestations.
Chicago, 1894 : grève massive des chemins de fer, des émeutes éclatent aussi à Cleveland (Ohio).
France, 1906 : grève générale pour la journée de 8 heures qui ne sera établie qu’en 1919.
Paris, 1907 : un anarchiste tire sur la police, il fera 17 ans de bagne.
Buenos Aires, 1909 : manifestation anarchiste ouvrière de 30 000 personnes, réprimée : 8 morts et 105 blessés. S’ensuit une grève générale écrasée dans le sang.
Cleveland, 1919 : une émeute éclate, 2 morts, 40 blessé-es, et 116 arrestations.
Turin, 1920 : un mois après la grève générale, un meeting regroupe 100 000 travailleurs-euses : la police charge, tire, tue 2 personnes et en blesse 30.
Turquie, 1924 et 1925 : les manifestations, illégales, sont dispersées.
Chine, 1925 : fondation de la Fédération des Syndicats de Chine.
Barcelone, 1931 : manifestation de la CNT, avec des délégations anarcho-syndicalistes d’Europe, cortège de 100 000 personnes. La foule envahit le Palais de la Généralité, des coups de feu sont échangés (3 morts) et le massacre est évité grâce à une compagnie de fantassin rallié aux manifestants.
Espagne, 1936 : sortie du 1er numéro de Mujeres libres, journal de l’organisation féministe et anarcho-syndicaliste du même nom.
Athènes, 1944 : 200 prisonniers communistes sont exécutés par l’armée allemande.
Sicile, 1947 : 11 manifestant-es sont tué-es et 27 blessé-es par un groupe mafieux séparatiste.
Honduras, 1954 : début de la plus grande grève de l’histoire du pays.
Portugal, 1974 : une semaine après la chute du dictateur Salazar, la plus grande manifestation de l’histoire du pays.
Paris, 1979 : 1er attentat du groupe Action Directe contre le siège du Conseil National du Patronat Français (ancêtre du MEDEF).
En Allemagne depuis 1987, des affrontements ont lieu chaque année entre la police et les manifestant-es anti-capitalistes.
Moscou, 1990 : M. Gorbachev est hué par la foule et doit quitter la tribune. Le même jour à Paris des anarchistes renomment la station de métro « Stalingrad » : « Commune de Krondstadt ».
France, 2002 : 1,3 million de personnes manifestent contre l’extrême-droite.
États-Unis, 2006 : grande grève des immigré-es latino-américain-es pour l’égalité.
Los Angeles, 2007 : la police charge brutalement un rassemblement.
Grèce, 2010 : affrontements dans plusieurs villes.
Istamboul, 2012 : 60 anarchistes sont arrêtés lors de la manifestation (comme en 2007 et 2008).
1er mai 2013 : émeutes et affrontements à Madrid, Montréal, Seattle, Bogota, Santiago, Istamboul, Le Caire et en Algérie.
Istamboul, 2016 : 1 mort.
France, 2019 : gilets jaunes, syndicats et climat réunis et nassés par la police : usage intensif d’armes de guerre « non léthales ».
1er mai 2020 : manifestations et arrestations à Vienne et Salzbourg (Autriche). Bruxelles : lancement d’une grève des loyers internationale. Chili : manifestation sonore (Cacerolazos) réprimée au canon à eau et gaz lacrymogène, 60 arrestations à Santiago. Berlin : occupations symboliques. Hanovre : manifestations radios. Étas-Unis, Italie, Espagne, France, Slovénie : rassemblements contre la prison, la militarisation de la société, le capitalisme, les conditions de travail précaires, le démantèlement des services publics, les politiques répressives…
Certain-es célèbrent le 1er mai la fête de la valeur travail et légitiment ainsi l’exploitation du plus grand nombre par une minorité.
1920 : L’Union soviétique fait du 1er mai la fête des travailleurs, ou plutôt du régime bolchévique. En réaction, il devient l’année suivante aux États-Unis “Americanization Day” et en Allemagne en 1933 le « Jour du travail national ».
1941 : le maréchal Pétain et René Belin, ancien dirigeant de la CGT devenu ministre du travail, proclament le 1er mai « fête du travail et de la concorde sociale ».
1955 : le pape Pie XII institue le 1er mai la St Joseph, patron des artisans et symbole de la famille chrétienne.
1961 : Fidel Castro proclame le caractère socialiste de la révolution cubaine.
1968 : le Parti communiste tente d’exclure par la force les anarchistes de la manifestation parisienne.
Depuis 1988, le Front National organise sans grand succès un rassemblement en l’honneur de Jeanne d’Arc.
2012 : Sarkozy organise un rassemblement pour fêter le « vrai travail » (les gaulistes avaient essayé de le faire dans les années 1940).
2019 : Macron confond « fête du travail » et « fête des travailleurs-euses ».